Oui, vous pouvez porter des mocassins sans chaussettes, et par temps chaud, c'est la façon naturelle de les porter — avec un short, un jean ou un chino, rarement avec une veste, jamais avec une cravate. La plupart des gens portent une fine socquette invisible plutôt que le pied vraiment nu, ce qui évite que la transpiration n'imprègne le cuir. Le seul point à bien gérer, c'est de garder la chaussure au sec : alternez les paires, glissez-y des embauchoirs en cèdre entre deux ports, et un mocassin porté sans chaussettes restera frais pendant des années.
Dès que le temps se réchauffe, on porte les mocassins avec un short ou des pantalons plus légers, et les chaussettes commencent à détonner dans la tenue. L'allure, elle, ne fait aucun doute — une cheville nue sur un penny loafer en daim est à peu près ce que le vestiaire décontracté a de plus établi. Ce qui inquiète vraiment, c'est la chaussure : le pied nu abîme-t-il la doublure, et la paire va-t-elle sentir mauvais avant la fin de l'été ?
Ces deux inquiétudes ont la même réponse. Tout ce qui tourne mal avec le port sans chaussettes vient de l'humidité, et tout ce qui l'évite tient à garder la chaussure au sec.
Quand tomber les chaussettes, et quand les garder
La cheville nue fonctionne avec un short, un jean ou un chino, et tout particulièrement avec un daim léger. L'habitude a de vraies lettres de noblesse : elle remonte au mocassin de conduite du milieu du XXe siècle — la version italienne de Gianni Agnelli, et les paires de J.M. Weston portées sans chaussettes dans le Paris des années 1960. L'étiquette que la plupart adoptent est brève : librement les jours décontractés, rarement sous une veste, jamais avec une cravate.
Dans l'autre sens, les chaussettes restent de mise. Un costume de ville appelle une chaussette habillée fine et montante, dans la teinte du pantalon, et toute tenue formelle exige de vraies chaussettes plutôt qu'une cheville nue. Pendant les mois froids, une cheville nue paraît frileuse plutôt que décontractée : c'est donc, par nature, une habitude des beaux jours. Et quand vous portez une chaussette visible avec des mocassins, prenez-en une vraie et montante. Une chaussette courte ou de sport qui laisse apparaître une bande de tibia nu, voilà ce qu'il faut éviter.
Socquette invisible, ou pied vraiment nu
En pratique, « sans chaussettes » ne signifie presque jamais pied nu. La plupart des gens portent une socquette invisible — une chaussette basse qui reste sous le bord de la chaussure, si bien que la cheville paraît nue tandis qu'une fine couche de coton s'intercale entre le pied et le cuir. Pour l'allure, les deux conviennent. La différence se joue à l'intérieur de la chaussure.
Vos pieds produisent jusqu'à un quart de litre de transpiration par jour, et sans chaussette, tout part dans la doublure en cuir et dans la première de propreté. C'est là que commence tout problème lié au port sans chaussettes : l'odeur d'abord, les dégâts ensuite. Une socquette en absorbe l'essentiel avant qu'elle n'atteigne le cuir, ce qui garde vos pieds et la chaussure plus frais. Si vous préférez le pied vraiment nu, rien dans le style n'impose la socquette — elle est là pour la chaussure, pas pour la cheville. Si vous optez pour le pied nu, la routine décrite dans la section suivante cesse simplement d'être facultative. Le point délicat avec les socquettes, c'est la qualité : une paire bon marché glisse et se froisse au talon, tandis que celles qui valent la peine ont une bande de silicone au talon pour rester en place. Nos socquettes Lars en coton pour mocassins sont coupées pour disparaître sous la chaussure, avec la bande de silicone qui les y maintient.
Les garder au sec
L'odeur n'est pas vraiment une affaire de chaussure ; c'est une affaire d'humidité. La transpiration nourrit les bactéries responsables de l'odeur, l'enjeu est donc de gérer l'humidité, pas de la masquer. Trois habitudes couvrent presque tout. Alternez. Ne portez jamais la même paire deux jours de suite ; laissez à chacune une journée entière, au moins, pour sécher. Glissez-y un embauchoir dès que vous les retirez — une paire d'embauchoirs en cèdre tire l'humidité de la doublure, neutralise l'odeur et maintient la forme pendant que le cuir sèche. Et si vous transpirez beaucoup, un peu de poudre pour les pieds avant une journée sans chaussettes vous aide.
Si l'on insiste sur la discipline, c'est que l'odeur est le problème qu'on ne peut pas corriger après coup. Un embauchoir en cèdre et un séchage complet sauveront une chaussure prise à temps ; une fois que la transpiration a totalement imprégné la doublure, l'odeur devient généralement définitive. Ces mêmes habitudes de séchage font aussi durer les chaussures — deux paires portées en alternance durent plus de deux fois plus longtemps qu'une seule portée jusqu'à la corde. Les paires d'été légèrement doublées, plus souples à l'intérieur, en profitent le plus ; l'embauchoir maintient leur forme autant qu'il les sèche.
Tout ce qui dépasse la routine (une marque de pluie, une auréole, du sel déjà incrusté) se trouve dans notre guide de l'entretien des chaussures en daim, et le guide d'entretien du cuir fait de même pour le cuir de veau lisse. Si la question est de savoir quel mocassin porter en premier lieu, c'est le guide principal : comment porter des mocassins.
Pour la saison des chevilles nues
Voir toutEncore quelques questions
Les socquettes invisibles glissent-elles à l'intérieur des mocassins ?
Une paire bon marché, oui ; une paire bien coupée avec une bande de silicone au talon reste en place toute la journée. La taille compte aussi — une socquette un peu trop grande, c'est celle qui glisse.
Le port sans chaussettes va-t-il abîmer mes mocassins ?
Pas si vous les gardez au sec. Les dégâts du port sans chaussettes viennent de l'humidité qui s'accumule dans la doublure ; gardez donc deux paires en rotation et séchez chacune avec un embauchoir en cèdre entre deux ports. Une socquette ajoute une protection supplémentaire sans rien changer à l'allure.
Peut-on récupérer des mocassins qui sentent déjà mauvais ?
Parfois. Un embauchoir en cèdre, un séchage complet et un nettoyage en profondeur de l'intérieur sauveront une chaussure prise à temps. Une fois la doublure totalement imprégnée, l'odeur peut être définitive — c'est pourquoi la routine relève de la prévention plutôt que du remède.











