Nettoyez d'abord le daim à sec, et ne recourez à l'eau qu'en cas de nécessité. Laissez les chaussures sécher complètement, retirez la saleté superficielle avec une brosse à daim, puis effacez les éraflures avec une gomme à daim ; cela élimine l'essentiel. Quand la saleté a pénétré en profondeur, lavez tout le panneau avec un shampoing pour daim dilué plutôt que de tamponner une seule zone, afin qu'il sèche en une teinte uniforme — puis faites sécher à l'écart de la chaleur, redressez le poil au brossage, et terminez par un spray protecteur.
Le daim a la réputation d'être difficile, et si vous en possédez une paire vous savez sans doute d'où vient cette idée : une auréole claire autour du bout après une marche sous la pluie, une tache sombre là où quelque chose s'est renversé, une éraflure qui ne part pas au brossage. Les marques semblent définitives. Presque aucune ne l'est, et les faire disparaître ne demande pas un tiroir rempli de produits.
Presque tout ce qui pose problème avec le daim, c'est soit de la saleté logée dans le poil, soit un panneau qui a séché de façon inégale, et la solution dépend de laquelle des deux vous avez sous les yeux. Plus bas, un court film tourné dans notre atelier montre la méthode plutôt que de la décrire.
Ce qui pose vraiment problème
Interrogez autour de vous et vous récolterez des mises en garde contradictoires. Les amateurs de sneakers disent de ne jamais approcher le daim de l'eau : une fois mouillées, les fibres sont fichues et le poil sèche à plat, comme vitrifié. Les amateurs de bottes disent qu'un daim propre est bien plus résistant qu'il n'y paraît, et qu'il fait perler la pluie fine avant de la faire glisser aussitôt. Les deux ont à moitié raison, car ils décrivent des problèmes différents.
La saleté est le premier problème. Le poil du daim est doux et ouvert, plus proche d'un amas de fibres que d'une surface scellée, et la saleté du quotidien se loge dans cet amas — c'est pourquoi l'essentiel s'en retire directement avec une brosse et une gomme, sans eau. La saleté incrustée plus en profondeur demande un lavage, et un lavage fait dans les règles, sur toute la chaussure, n'a rien d'effrayant. L'eau est le second problème, et elle ne fait de dégâts que lorsqu'elle est partielle : une éclaboussure qui imbibe une seule zone et qui, en séchant, laisse une auréole marquant jusqu'où l'eau est allée. Cette auréole, c'est la ligne de marée, et ce n'est pas du cuir abîmé, seulement un séchage inégal.
L'entretien du daim tient donc en deux règles. Le nettoyer à sec d'abord. Et dès qu'il y a de l'eau — un lavage, une ligne de marée ou un trempage complet —, traiter tout le panneau pour que l'ensemble sèche dans une seule teinte.
Le matériel
Voir l'entretien du daimL'essentiel du travail se fait à sec, avec une brosse et une gomme. Une brosse à daim extrait la saleté du poil et fait disparaître les marques légères ; c'est l'outil que vous utiliserez de loin le plus souvent. Une gomme à daim, parfois vendue sous forme de bloc de gomme, efface les éraflures et les taches sèches que la brosse laisse derrière elle. À elles deux, elles viennent à bout de la plupart des marques que l'usure quotidienne dépose sur une chaussure. Un shampoing pour daim mérite une place sur l'étagère pour les nettoyages en profondeur occasionnels — nous n'en fabriquons pas, et n'importe quelle version des marques de soin habituelles fera l'affaire.
Notre kit d'entretien du daim est le point de départ : une brosse en crêpe qui relève le poil et fait disparaître les marques légères, un spray raviveur de couleur et un spray imperméabilisant. Ajoutez un bloc gomme en caoutchouc bon marché pour les éraflures, et une brosse en laiton plus ferme pour déloger la poussière. Utilisez celle en laiton avec précaution : sur un daim dense et fin, des poils entièrement en laiton, trop rigides, peuvent arracher des fibres et donner à la surface un aspect usé. Si une pression légère semble emporter le poil avec elle, passez à une brosse plus douce en laiton et nylon, en soies de sanglier ou en crin de cheval. Quelle que soit la brosse, la technique compte plus que l'outil : brossez délicatement, dans un seul sens. Vous peignez le poil, vous ne le frottez pas.
Nos soins pour le daim
Voir toutLa méthode
La routine suit un seul ordre : le sec d'abord, l'eau seulement si nécessaire, le protecteur en dernier. Suivez les étapes dans l'ordre — la plupart des paires ne dépassent jamais les trois premières.
Laissez-les sécher complètement
Mouillées ou boueuses ? Laissez les chaussures à température ambiante jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement sèches, bien à l'écart des radiateurs et du soleil direct. Le daim se nettoie bien mieux à sec qu'humide.
Brossez la saleté superficielle
Passez une brosse à daim dans les deux sens pour soulever la poussière de surface, puis terminez par des passages légers dans un seul sens pour discipliner le poil.
Effacez les éraflures à la gomme
Passez une gomme à daim sur les éraflures et les marques sèches par mouvements légers et fermes, en l'humidifiant un peu pour les plus tenaces, puis retirez les résidus au brossage.
Nettoyez en profondeur uniquement si nécessaire
Uniquement si la brosse ne déloge pas la saleté : faites mousser un shampoing pour daim sur toute la chaussure, jamais sur une seule zone. Il en faut bien moins que ne le montrent les tutoriels — une cuillère à soupe diluée dans l'eau produit largement assez de mousse.
Tamponnez, ne détrempez pas
Essuyez l'excédent de mousse et tamponnez le daim avec une serviette propre. Ne le détrempez jamais, et ne le tenez jamais sous l'eau courante.
Séchez à l'écart de la chaleur
Bourrez les chaussures de papier ou glissez-y des embauchoirs en cèdre, et laissez-les sécher à cœur, à l'écart de toute source de chaleur — en général un jour ou plus.
Relevez le poil et protégez
Une fois sèches, redressez le poil au brossage, puis appliquez un voile régulier de spray protecteur.
Nettoyez tout le panneau, jamais la seule marque. Le daim s'éclaircit légèrement partout où on le travaille, si bien que traiter une seule zone vous laisse une tache ; prenez tout le bout, le quartier ou l'empeigne et la couleur reste uniforme.
À regarder : comment entretenir le daim
Après la pluie
Une ligne de marée disparaît comme elle est apparue : avec de l'eau, appliquée de façon uniforme cette fois. L'auréole elle-même, ce sont les huiles, les sels et les teintures de la chaussure, concentrés au bord de la zone au moment où elle a séché. Remouillez tout le panneau avec une fine brume de vaporisateur ou un chiffon uniformément humide, jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucune bordure, puis épongez l'excédent et laissez la chaussure sécher à cœur, à l'écart de la chaleur, avant de redresser le poil au brossage. Cette fois, tout le panneau sèche à la même vitesse, et l'auréole ne revient pas.
Une paire détrempée demande la même logique et plus de patience. Bourrez les chaussures de papier journal pour absorber le plus gros de l'eau, puis remplacez-le par des embauchoirs en cèdre pour maintenir la forme, et laissez-les à température ambiante un jour ou plus. Tenez-les à l'écart des radiateurs et du soleil direct ; la chaleur chasse les huiles naturelles du cuir et peut le laisser raide, rétréci ou craquelé. Un séchage précipité abîme bien plus de paires détrempées que l'eau elle-même. Une fois sèches, redressez le poil au brossage, et si le séchage est inégal, la méthode pour la ligne de marée décrite plus haut y remédie. Pour une décoloration qui ne part par aucun des deux moyens, un rénovateur pigmenté comme le Saphir Rénovateur peut recolorer le cuir et masquer la marque.
Et si vous êtes surpris par une vraie averse, mouillez toute la chaussure de façon uniforme sur le chemin du retour, pour qu'aucune bordure ne puisse se former d'emblée.
Taches et éraflures
L'huile et la graisse sont la seule tache qui se traite à sec. Recouvrez une marque fraîche d'une poudre absorbante (fécule de maïs, talc ou bicarbonate de soude font tous l'affaire) et laissez agir toute une nuit pour faire remonter l'huile hors du poil, puis retirez-la au brossage et nettoyez comme d'habitude. Mouiller l'huile d'abord ne fait que l'enfoncer davantage.
Les éraflures partent à la gomme : des mouvements légers et fermes, puis un coup de brosse dans un seul sens. N'appuyez pas — une pression trop forte écrase le poil en une zone brillante et dégarnie, plus difficile à rattraper que ne l'était l'éraflure. L'encre et les autres taches incrustées sont l'affaire du cordonnier. Le transfert de teinture, l'indigo qui déteint d'un jean brut sur un daim clair, est fréquent sur les paires claires, et aucun spray ne l'empêchera.
Vaporiser ou non
Voir nos protecteursVaporiser ou non un protecteur, voilà qui divise les amateurs de daim. Certains s'en passent, pour préserver le caractère qu'un daim non traité développe avec le temps ; d'autres traitent une paire neuve avant le premier port, si bien qu'elle repousse taches et éclaboussures et que chaque nettoyage ultérieur en devient plus facile. Les deux approches tiennent la route, à condition d'être clair sur ce qu'un protecteur ne fait pas : il n'arrête pas une éraflure, il n'empêche pas le transfert de teinture, et il ne rend pas la chaussure imperméable. Un daim propre repousse déjà la pluie fine tout seul.
Notre conseil : se fier à la couleur. Les daims clairs montrent la moindre marque, ce sont donc ceux qu'il faut protéger ; le brun foncé, le noir et le bleu marine s'en passent très bien. Si vous vaporisez, faites-le avant le premier port et laissez le produit prendre, puis renouvelez après quelques ports ou une fois par saison. Appliquez le protecteur en couches légères et régulières, à environ 20 cm, laissez sécher à cœur, et brossez le poil ensuite.
L'assombrissement est le seul vrai risque, et c'est le produit qui fait la différence. Les sprays au silicone bon marché, et le fait de trop en appliquer, peuvent foncer la couleur et aplatir le poil — un coup de brosse le rétablit en général une fois sec. Les nano-sprays de qualité, dont le Super Invulner de Saphir, laisseraient la couleur intacte selon de nombreux retours. Dans tous les cas, testez d'abord un endroit caché (l'intérieur du talon, ou sous la languette) et construisez la couverture par passages légers plutôt qu'en une seule couche épaisse. Les daims très clairs, pierre et sable, peuvent changer de teinte quel que soit le produit, alors sur ceux-là c'est un test sur zone cachée à chaque fois.
Les cousins du daim
Le daim, le nubuck et le roughout sont trois coupes d'une même peau, et presque tout ce qui précède vaut pour les trois : brossez-les, protégez-les, et nettoyez-les à sec avant d'en venir à l'eau. Le daim est le plus doux, une refente interne au poil le plus profond. Le nubuck est le grain extérieur poncé — plus résistant à l'usage, même si sa surface fine se raye sous une brosse métallique rigide, d'où des outils plus doux et son propre guide d'entretien. Le roughout est un cuir pleine fleur retourné côté chair, le plus épais de la famille. Une règle vaut pour les trois : ne mettez jamais de crème pour cuir lisse ni de cirage sur aucun d'eux, sinon le poil s'aplatit pour de bon.
Peu, mais souvent
Brossez les chaussures après chaque port, avant que la poussière de la journée ne s'incruste dans le poil, et le nettoyage en profondeur ne se présente presque jamais. Gardez le shampoing pour les marques que le brossage et la gomme ne parviennent vraiment pas à retirer. Au-delà, traitez le daim comme toute bonne chaussure : ne portez pas la même paire deux jours de suite, laissez-y des embauchoirs en cèdre pour maintenir la forme et absorber l'humidité, et rangez-les à l'abri du soleil direct et de la chaleur. Entretenue ainsi, une paire ne fait que gagner avec l'âge — et tout ce que nous fabriquons pour cela se trouve dans notre collection entretien du daim.
Quelques questions de plus
Comment retirer de la graisse automobile du daim ?
La graisse automobile épaisse ne part souvent pas avec la seule méthode fécule-et-brosse. Faites pénétrer un peu de WD-40 dans la tache à l'aide d'une vieille brosse à dents avant de nettoyer à nouveau — c'est l'exception à la règle du traitement à sec des taches grasses, et cela déloge le type de graisse qu'une brosse seule laisse derrière elle.
Peut-on nettoyer le daim sans matériel adapté ?
En dépannage, oui. Une brosse à ongles propre et sèche retire la saleté du quotidien, une gomme à crayon efface les éraflures légères, et de la fécule de maïs laissée toute une nuit sur une tache grasse remplace une vraie poudre de nettoyage en profondeur. Rien de tout cela n'égale une vraie brosse à daim et un protecteur sur la durée, mais cela vous tirera d'affaire.
Et si une éraflure ne part pas au brossage ?
Tenez la chaussure un instant dans la vapeur d'une bouilloire ; la chaleur humide redresse les fibres aplaties. Brossez dans un seul sens une fois qu'elle est assez froide pour être manipulée — cela relève une éraflure incrustée qu'une brosse sèche ne déloge pas à elle seule.
Le nubuck résiste-t-il mieux à l'eau que le daim ?
Un peu. Le grain poncé et plus dense du nubuck repousse un peu mieux l'humidité légère que le poil doux et ouvert du daim, et le roughout, un cuir pleine fleur retourné côté chair, est le plus résistant à l'eau des trois. Aucun n'est pour autant imperméable sans un spray protecteur.











